« No Stress Cabo Verde !!! »

Merci de me laisser vous faire visiter mon pays, authentique…
Séjour « No Stress Cabo Verde !!! »
…15 jours de bonheur et 3 îles…

Pour ce séjour « relax » de découvertes locales, nous vous proposons un programme adaptable à votre guise pour vivre votre aventure…
Préparation de votre voyage, vous connaissez vos dates mieux que nous. La 1° chose à faire sera de réserver vos vols internationaux en fonction de votre destination de départ. La compagnie principale qui dessert nos iles est TAP Portugal (https ://www.flytap.com/fr-be/), garder un peu de flexibilité dans vos dates aller et retour vous fera faire des économies ! Votre destination d’arrivée également, Praia, Mindello, Sal ou… peut aussi vous permettre des économies ou de correspondre au mieux à vos dates… Les départs depuis l’Europe se font généralement via Lisbonne ou l’ile de Sal (Transit), des vols sont parfois direct pour Sao Vicente.
Vous pourrez composer votre programme entre les iles en fonction des vols intérieurs disponibles, soit via BINTER (https ://www.bintercanarias.com/fre/information/praia) ou Cabo Verde Airlines (https ://caboverdeairlines.com/). C’est parfois l’aventure…
En fonction de ceci, nous pourrons élaborer ensemble un programme détaillé. En voici un exemple conté par des clients en personne, leurs aventures et leurs ressentis ; un petit roman qui vous invite à la découverte, il vous donnera des idées…
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1. Étape à PRAIA sur l’ile de SANTIAGO, jour 1
Notre Chauffeur nous attend à l’aéroport Nelson Mandela de PRAIA et nous conduit à notre hôtel ; l’hôtel TURIMAR dont la situation, dans un quartier agréable et diversifié, nous met en contact avec la vie vraie de Praia et la couleur locale sans concession. Il nous permet aussi de découvrir le centre-ville proche avec ses activités.

Le lendemain, nous voulions passer une journée de récupération et de farniente dans la ville et ses alentours. Les taxis sont partout et nous déposent d’un endroit à l’autre, le centre avec ses belles maisons coloniales, la plage, le bord de mer ou la ville historique de Cidade Velha. Ils nous indiquent aussi où manger local et à bon prix. Quelques vues de Cidade Velha >>>

Le jour 3, nous avions choisi une visite guidée de Santiago. Après un bon petit déj, notre guide vient nous chercher à hôtel à l’heure souhaitée. Nous le laissons nous faire découvrir les plus beaux endroits que nous avons sélectionnés. Corniche en bord de mer, plage et puissance de l’océan avant d’arriver à TARAFAL où une petite rando de 2 heures est prévue pour nous ouvrir l’appétit. Emportez toujours avec vous vos maillots et un drap.  Un « ti-ponche » et un poisson grillé plus tard, c’est la sieste en bord de plage…
Retour par un petit hameau de montagne et des vues incroyables, notre guide nous dépose à hôtel. Nous décidons de voir Praia by Night et de palper l’ambiance Cabo Verde… Que du bonheur.
2. En route vers Mindelo à Sao Vicente, jour 4

Le chauffeur vient nous chercher pour l’aéroport, Sophie a déjà vérifié que notre vol est bien prévu, « No stress Cabo Verde ».
Notre guide vient nous chercher à l’aéroport de Mindelo (Cesaria Evora) et nous conduit à notre 2° résidence. « Che Guevara »

Bien installés, vous prévoyons une fin de journée libre pour visiter la ville, son marché au poisson et son mercado débordant de vie locale, des sourires, des rencontres, des odeurs, des couleurs, nous nous laissons bercer par le rythme équatoriale.
Mindelo est surnommée le petit Brésil, nous profitons de la douceur de sa nuit pour nous installer à une terrasse, l’orchestre local et sa chanteuse (lancer la musique téléchargée) ravissante nous invitent à partager cette culture riche et agréable pendant que nous dégustons une « Caipirinha », impossible de résister aux odeurs du BBQ local, de ses poissons, de son cochon si tendre et si goûtu, de ses légumes extraterrestres… Le dernier Grogue nous emporte dans un océan de repos.

Jour 5, après une nuit étoilée, notre guide vient nous chercher pour une visite de l’ile de Sao Vicente. Mimi nous fait découvrir avec son sourire légendaire les plus belles vues de l’ile et la vie des gens simples qui la décorent.

3. Jour 6, en mer vers Santo Antao, Belle des belles.

Le chauffeur nous amène au port pour la traversée en bateau vers Porto-Novo.

Nouveau guide, Jair, nous attend déjà en haut des escaliers, son 4×4 est aussi brillant que son sourire, c’est le beau gosse du pays, Madame est heureuse…, le français avec ce petit accent créole… La journée va être belle…
Jair (prononcé jaillir), c’est Boa en plus jeune, en plus beau ou presque, avec le même sourire et la même compétence mais…moins volubile. Il connait l’ile comme sa poche, tous les chemins, les sentiers, les hameaux, les artisans… , en 4×4 ou en randonnée, nous nous laissons porter…
Pour le transfert vers notre 1° logement, à Ponta do Sol, nous traversons l’ile par la route de « la Corda » et ses paysages vertigineux. Le vide à 500 m d’un côté et 700 m de l’autre, une vue à couper le souffle, un peu de marche à cet endroit, No Stress, la route est solide…

Et soudain, un ange passe, bien chargé.



    « No Stress Cabo Verde »


  Improbable, là-haut, en plein milieu de la montagne, un petit bar local et improvisé, c’est qu’il fait chaud dans ce pays…
Bien calé dans notre siège, prêt pour la descente impressionnante vers Ponta do Sol. De loin, on voit venir la mer tout au long des lacets. Jair, prudent, nous laisse admirer le paysage, l’océan a bien fait de laisser pousser cette terre d’accueil, départ des esclaves vers les Amériques…. Ébahi, envouté, les petites maisons de couleur se rapprochent, bienvenue à Ponta do Sol.

Jair nous dépose à notre hôtel, deux jeunes filles vigoureuses emportent nos bagages dans la chambre. L’apéro est pour la maison. Nous avions demandé une résidence sympa, avec un grand lit, une SDB, une terrasse pour « tirer » un coup et si possible une belle vue sur la mer.

« Sol Point Art » Le plaisir est aussi dans la détente, le repos.
Et toujours de belles rencontres…
Soirée relax, balade tranquille dans les rues, la musique nous attire vers un endroit magique, la porte ouverte laisse s’échapper des effluves inconnues. Bienvenue chez Betty, nous ne le regrettons pas. Sa cuisine est comme sa bonne humeur, locale, simple et naturelle avec un rien de piquant, une bonne dose de joie de vivre et…un vieux grogue, inévitable, bonne nuit.
Nous souhaitions une journée libre pour le jour 7, nous aimons la randonnée mais pas trop longue, pas trop chaude. En route vers Fontainhas, petit village typique accroché à la montagne, blotti dans ses terrasses. D’un côté l’océan agité, 300 m plus bas, de l’autre la montagne, une route pavée étroite sillonne ce relief. Frissons de plaisirs, à l’arrivée frissons d’émotion.

Ponta do SOL Fontaynas

Le retour est tout aussi agréable, en descente habitué à la hauteur, avec cette douce brise de l’océan, les pavés nous emmènent vers une baignade bien méritée…
Jour 8, après un très bon petit-déj, Jair vient nous chercher comme convenu à hotêl. Au programme découverte de notre 1° Ribeira, la Ribeira da Torre. Dès l’entrée sur la nouvelle route de la Ribeira, changement de décor, c’est le vert qui domine. L’eau, si précieuse ici réveille la terre et garnit les terrasses. Cannes à sucre, bananiers, papayers et tous les frères jouent la symphonie de mère nature, un autre monde…

Premier arrêt, une maison traditionnelle entourée de verdure laisse s’échapper un filet de fumée, une vieille dame nous accueille, souriante et menue, elle prend Jair dans ses bras, c’est l’enfant de la vallée. Un peu de technique sur la fabrication du Grogue, du pressage de la canne à la dégustation du précieux nectar local, tout est « artisanal » et paisible…
On aurait aimé rester mais la route est longue…
Notre voiture s’enfonce dans la vallée de plus en plus escarpée, le ruban vert se resserre dans le dessin des terrasses. Ici, l’homme a habillé la montagne…
Quelques lacets plus tard, nous découvrons le petit hameau de Xôxo, c’est la fin de la civilisation, de la route pavée et le départ de notre randonnée vers le cratère.
Le sentier de pavés confortable et pentu, bordé de murets sécurisants, serpente vers le sommet, 7 km et 500 m plus haut, l’objectif est le point de vue du cratère, centre et château d’eau de toute la région. C’est lui qui alimente les différentes Ribeira.
Les chaussures crissent, les bâtons claquent et les jambes sont tendues, la brise rafraichissante nous accompagne comme toujours. Seul Jair arrive à parler pour nous décrire la végétation, nous expliquer les différents chemins, les arrêts sont fréquents pour admirer la vallée qui s’éloigne, le sommet qui s’approche, encore un effort, encore un lacet…
Enfin la route du cratère, quelques mètres de plat pour délier les jambes et pouvoir sortir le pique-nique dans ce cadre féérique… Panorama sur le cratère et toute la vallée. Que du bonheur…

Le retour est tout aussi magique, les jambes aussi tendues, les yeux plissés malgré les solaires, le sentier pavé défile sous un autre charme. Tout en bas, la végétation laisse apercevoir des bribes de route, des parties de maisons colorées et quelques fumerolles d’alambique. Content de revoir le 4×4, petite pause sur la route pour se rafraichir dans un nouveau snack local qui élève ses cochons, poulets et toute une basse-cour, un jus de canne et de nouvelles rencontres…
On est trop bien sous les paillottes, ce serait chouette de finir la journée par une baignade, pas prévue dans le programme… on en parle à Jair. Pas de soucis, il nous propose un endroit inédit sur la route de retour : « Sinagoga ». Il nous dépose.
Ici, l’océan a figé quelques coulées de feu. Baignoires de lave providentielles où les trop fortes vagues viennent se briser et cracher leur écume. Frustrant, cette océan, attirant par cette chaleur, qui par sa puissance force votre respect et vous permet de juste le regarder…
Les baignoires, un peu en recul, chauffées par le soleil de midi, nous accueillent délicatement et nous entrainent inexorablement vers le farniente local. Pas besoin de musique, juste celle de l’océan à 50 m de nous, bain de soleil, bouquin, bains de jouvence, nos pieds, nos jambes et tout notre corps vous remercient pour cette récréation divine…
Deux heures de cure, 50 pages de polar, le sourire de votre sirène… et le « Collectivo » pour rentrer… No Stress Cabo Verde, merci Jair. Demain est un autre jour…
Dernier petit déjeuner copieux à Sol Point Art, 9 heures, Jair est là, ponctuel, les bagages sont chargées dans le 4×4. Derniers sourires de nos jeunes hôtesses qui nous accompagnent pour notre départ de Ponta do Sol. On reviendra, c’est sûr…
En route vers « Ribeira de Paul » pour notre jour 9, passage et visite rapide de la petite ville de Puvaçao pour prendre un peu de liquide, pas besoin de beaucoup. Les restos locaux et les boissons sont très bons marchés, les pourboires aux locaux très appréciés, évident.
Le hasard fait souvent bien les choses, sourire lumineux et lunettes de soleil sur sa chevelure abondante et bouclée, tenue relax et colorée, européenne mais pas trop, Sophie est là aussi à la banque. Nous rencontrons enfin notre gentille organisatrice, elle a tenu à passer une journée avec nous et de nous faire découvrir « la vallée de Paul » à sa façon, avec sa touche culturelle et sa sensibilité française.
Départ pour la Ribeira et notre nouvelle résidence, Jair nous dépose et passe le relais à Sophie après l’apéro de bienvenue chez « HUJO ». Encore un repère local qu’il faut découvrir, une belle rencontre, Joël. Apéro sur la terrasse exquise et ombragée de la résidence, de l’autre côté de la rue, on perçoit le murmure de la cascade de la Ribeira qui arrose toutes les richesses de son lit nourricier. Nous aurons l’occasion de déguster tout cela le soir, ici ce sera en demi-pension…
Balade prévue dans la vallée de Paul, la rando de la veille a laissé des traces. Ce sera Collectivo pour la montée et découverte du fond de la Ribeira. Plus ouverte mais aussi verte que celle d’hier, les terrasses et les cultures défilent par la fenêtre de l’Alluguer qui dessert toute la vallée. Les locaux montent ou descendent du petit véhicule, tous accueillants, souriants avec un petit « bom dia » à notre égard. Terminus, la balade démarre en montant pour découvrir une vue sur l’ensemble de la Ribeira, Sophie est radieuse, ravie, un peu de botanique et la vie d’ici…
Visite d’un petit hameau de là-haut, un sentier pentu en pavé local bordé de maisons simples grouille de vie, les réserves d’eau sur le toit en terrasse, les fils et le linge qui se balance sous la brise rafraichissante, c’est là que les habitants se reposent après le coucher du soleil, prendre un peu le frais…
La descente de la Ribeira vers « Hujo » est agréable, instructive et participative. Le paysage aussi grandiose et tellement de légumes dans le lit de la Rivière, étonnant.
A mi-chemin, un petit creux, une grosse envie de découvertes gustatives. Sophie nous emmène chez l’autrichien, une ancienne grange en bois et toit traditionnel végétal, ouverte au vent et aménagée simplement pour se restaurer. Tous les produits sont de la ferme et préparés à l’instant, génial, je vous laisse la surprise.
Fin de promenade digestive pour retrouver Joel et notre sieste, un dernier verre en terrasse, une nouvelle rencontre. Fatou est la fille de la maison, grande, élégante, jeune et métissée avec des yeux qu’on ne rencontre qu’ici, vert claire, lumineux, transparent comme l’eau de l’océan. Elle aurait pu être Miss Santo Antao, c’est certain. C’est l’intendante et la cheville ouvrière de la terrasse, le bras armé de Joël, son secours. La « Caipirinha » à une autre saveur quand elle est préparée et apportée par Fatou, Joël le sait…, moi aussi.
Diner du soir sur la terrasse, Sophie est déjà là à tailler une bavette avec Joël, le décor est local et agréable, Fatou, dans sa longue robe jaune fleurie, illumine la salle. Le poisson au feu de bois et ses accompagnements de légumes nous ravissent, simple, efficace, délicieux.
En fin de repas, Joël vient se joindre à nous pour le dernier, avec Sophie, il nous fait également partager sa vie ici, 62 ans, chimiste retraité français avec une forte motivation pour aider les jeunes d’ici et découvrir une nouvelle vie, bravo Monsieur. Bonne nuit.
Bon petit déj avec Sophie pour le jour 10, ce sera une journée calme rien que pour nous.
Bises à Sophie, le devoir appel notre ange-gardien. Toujours à l’écoute de tous et à l’affut, elle guide ses troupes, bienveillante et serviable, c’est la Fatou de Boa, belle équipe, beau couple. Jair prend le relais, dernier café, dernier partagé avec Joël et Hudson, le 4×4 démarre vers un autre paradis.
Au menu de la journée, transfert vers Coculi et sa vallée, visite du village et découverte de cette merveilleuse résidence.

 Bienvenue à Green Place .
Après une visite  rapide et motorisée de Coculi, le 4x4 prend à gauche en direction de la montagne, la route du village est étroite et ne permet que le passage d’une voiture. Bloqué, Jair se calle sur le côté pour laisser passer le cortège. Cette fois ce n’est pas pour le carnaval, une marée humaine digne et respectueuse, tout le village sans doute, accompagne en silence un jeune endormi dans une caisse et porté par ses frères  pour son dernier voyage. Ici aussi, l’alcool est un fléau pour les jeunes sans projet. Retour à la réalité.

Notre route passe devant le cimetière tout en bleu et blanc, regardant vers l’océan, émotions et prières pour l’avenir de tous les jeunes des îles. La majorité de ceux que nous avons côtoyés sont courageux, volontaires et instruits par de bonnes écoles, confiance…
La route est de plus en plus étroite, puis un chemin de terre, à droite une ruelle vers l’hôtel, le 4×4 ne passera jamais… Jair connait son outil et nous dépose au pied de la résidence. Georgé, le boss ressemble à celui de la pub Nescafé, nous attend. Bise à Jair et nos 2 valises en main nous ouvre le chemin, 100 m. et quelques marches plus haut, encore un petit paradis pour les 2 prochains jours. Les chambres au nom de fruit, il nous laisse choisir, « Coco », évidemment. Rafraichissement de bienvenue sur la terrasse avec le Proprio et Jair nous souhaite une bonne journée. Georgé est déjà occupé à astiquer sa piscine pour les invités, l’invitation est trop belle, petite et fraiche, tournée vers le soleil qui éclaire la vallée entière, Nos maillots frétillent à l’idée, ma sirène aussi, l’aprèm sera reposante et humide.
Transats pointés vers le soleil, vallée et montagne à gauche, montagne à droite et le suspense de mon polar qui ne finit pas…
Un peu plus tard, un peu plus chaud, trop chaud, c’est la terrasse ombragée qui me fait de l’œil. Georgé vient me rejoindre avec 2 bières. Passionné de construction, il a tout imaginé et construit seul, c’est formidable, mon ancien métier. Echange, partage et conseils, belle rencontre improbable pour mes 60 ans, c’est génial. Deux heures plus tard, ma sirène est rôtie d’un côté, je l’arrose, la retourne pour griller la belle face, celle où la vallée remonte vers les gorges.
Georgé me fait visiter son œuvre et ses cultures en terrasses…Bonheur de constructeur.
Ici aussi, ce sont des jeunes qui nous servent le diner dans la belle salle à côté des cuisines…Sylvia et Ricardo s’activent pour les résidents. Français, italiens, portugais et belges ajoutent encore à la mixité du pays, aux délicieux mélanges locaux. Produits magnifiques des amours ancestraux des colons portugais, anglais et français et des esclaves africains enfin libérés sur ce morceau de terre. L’avenir de notre terre sera dans cette harmonie. L’affreux blanc à moustache n’avait pas bien compris, c’est de l’union des genres que naisse les beaux fruits.
Le repas local est pareil à l’endroit, le rosé portugais ravive bien les papilles et le grogue vieux de Georgé nous transporte au pays des songes. Ma sirène est grillée et moi un peu cuit, elle s’accroche à mon bras, plus que 5 marches pour rejoindre Morphée.
Deux heures plus tard, la bouche un peu pâteuse avec une soif énorme, la terrasse m’appelle. La bouteille d’eau en main, les escaliers descendus, le domaine est à moi. Les coqs m’accompagnent en écho dans toute la vallée et les chiens au loin se répondent discrètement. Ma fumée se dissipe entre les étoiles plus proches et plus brillantes que chez nous. La première gorgée est trop bonne et me lance ces conseils bien souvent répétés. Le relief des montagnes tout autour se devine par l’absence d’étoiles, la vallée endormie également par quelques lueurs oranges plantées près des hameaux. Mes pensées voyagent au gré du vent léger, retour sur les jours passés, rencontres, paysages, musique et balades, mes souvenirs s’effacent, une dernière bouffée. Demain, jour libre, balade sur la montagne d’en face.
Réveillé par le soleil et les coqs en pleine forme, le jour 11 commence agréablement par un petit déj sur la terrasse et le sourire de Syvia toujours aussi accueillante. Ma sirène à troqué sa queue de poisson pour des chaussures de marche et sac à dos.
La montagne d’en face nous appelle, son village, Figueiras.
Georgé soigne déjà son bébé.
D’abord rejoindre la vallée, le chemin étroit traverse le hameau, en bordure des enfants jouent au ballon dans le réservoir d’eau stagnante, il n’a plus plu depuis 4 ans…Le chemin pavé fait place à des escaliers abruptes et bien encadrés de murets comme partout. Deux cigares plus tard, nous sommes dans la vallée où la rivière a dû passer un jour. Les paysans s’activent autour de leurs chèvres et des 2 vaches.
La route pavée de Figueiras se pointe devant nous, dressée comme un mur. On n’aurait pas dit de chez Georgé ! Etroite et bien pentue ! Le départ est rude et force le respect pour les gens d’ici. Doucement, échauffer jambes et mollets, respirer à fond l’air pur des montagnes, profiter de la vue. Beaucoup plus loin, la pente s’adoucit dans le premier hameau, les chemins s’éparpillent vers de multiples plateaux, plus haut et beaucoup plus haut. En contrebas, les petites maisons sont accrochées à la pente et nous montrent leur toit en terrasse. La route principale traverse le village, un garage est aménagé en merceria, genre de petite épicerie où l’on trouve un peu de tout. Nous, une bouteille d’eau. Plus loin, une dame âgée nous interpelle sur le pas de sa maison en pierre et après un chaleureux « Bom dia » nous fait visiter son petit jardin fleuri joliment, Français ? Non, Belges, pas d’insulte, obrigado! Sortie du hameau, la pente est de retour, le soleil aussi, la marche est plus facile, le souffle est retrouvé, en route vers Figueiras-haut. Quelques lacets plus loin, les arbres nous accompagnent pour la fin de la balade, les cultures en terrasse aussi, la pente s’adoucit. Descendant d’un bon pas, un ouvrier des terrasses chante en français, joyeux, c’est un bonjour cette fois, l’homme a travaillé dans les cuisines d’un resto à Luxembourg ville pendant 10 ans, il connait bien la Belgique et le stress de notre vie, de nos cuisines. Pas fou, il préfère son pays, la culture des terrasses et la vie rude d’ici, No stress Cabo Verde…
Pause sur le muret, la vue est magnifique, au loin Green Place illumine de son vert clair le pied de la montagne d’en face. Quelle œuvre > Zoom.
Une pomme, une banane et un peu de fumée avant de repartir, on entend déjà le cri des enfants… Les pavés de basalte défilent à nouveau sous nos pas reposés, la vie se rapproche bien à l’ombre. Enfin la place du petit village, les enfants jouent dans la rue en criant « panous, panous… », les grands se disputent la bonne place devant l’épicerie, une ambiance de stade s’en échappe, c’est Porto-Benfica, ils sont tous fous de foot ici, chaque hameau à son petit terrain en béton, chaque Merceria, sa TV. Encore une bouteille d’eau, la récompense du corps. Ils me dévalisent ma boite de cigare, j’ai l’habitude, c’est un plaisir de prendre et de leur rendre leur sourire. Pause, cigare, assis par terre pour essayer de comprendre leur jeu avec des pierres lancées en l’air, éclat de rire, bonheur simple.
13h30’, on est bien là, mais il faut faire le retour. La descente plus aisée, plus rapide, gavés d’images et de bonne humeur, les pavés nous laissent glisser jusqu’à la vallée, le fermier et ses chèvres sont toujours là, d’un petit signe il nous regarde franchir le gué, à sec !
Un dernier effort pour gravir les escaliers interminables, nos jambes éclatées réclament la piscine. Le domaine est à nous, la terrasse aussi, le soleil fleurte déjà avec le sommet des montagnes. Ma sirène, heureuse, retrouve son costume, les écailles bien brillantes. Sylvia, rayonnante, nous livre deux mousses bien fraîches. La vie est belle, toute en douceur.
Dernier repas au Green Place en demi-pension, Sophie sait choisir les endroits. Ce soir pas de rosé, les étoiles sont trop nombreuses par ici. Juste un ponche maison pour l’apéro et de l’eau avec la Cachuppa, un petit café local en terrasse fera office de dessert avec les derniers mots de Georgé. Plaisirs simples avant une nuit sans reproche…
Jour 12 et le sourire de Jair, à l’heure comme dab, c’est le grand jour aujourd’hui, le Boss prend les choses en main pour la fin du séjour. De retour de France, on le récupère au port de Porto Novo, Jair nous dépose l’œil humide, nous aussi, on ne le verra plus, MERCI Jair, chouette gars. Après une heure d’attente à la terrasse convenue, tout sourire et fanfaronnant avec Daniel le chauffeur, sportif, élégant, la démarche souple et féline, la classe et la banane au visage, pas de doute c’est lui, il parle tout le temps, c’est Boa.
Les bagages sur le toit de l’aluguer, les présentations faites, en route vers notre dernière surprise. A peine démarrés, bonjour à droite, salut à gauche de Boa. Dans la grand rue, Daniel s’arrête pour Boa qui va saluer un ami et d’autres dans la rue. On repart pour 2 minutes, arrêt dans un petit commerce, quelques courses pour la tante de Boa que l’on voit sur son seuil 2 km plus loin. Bises tout autour. Cinq minutes plus tard c’est Daniel qui s’arrête pour faire quelques courses, ici le chauffeur est facteur, coursier de toute la Ribeira. C’est le lien indispensable entre la ville et la montagne. Boa est radieux, son bras fait des aller-retour, salut à gauche , bonjour à droite, pas de doute c’est l’enfant du pays.
Sortie de la ville, la nouvelle route de l’ouest borde l’océan, la plaine rocailleuse et aride s’étend en pente douce sur des km du pied des montagnes au puissant océan. Pas d’habitation, juste une chèvre. Trente minutes plus tard, à droite, entrée dans la Ribeira das Patas, le vert léger est de retour, la route s’élève pavée et bordée de maisons ci et là entre les cultures de cannes. Traversée d’un village un peu plus animé, la pente s’accentue sous les arbres et de notre côté droit une cavité énorme longe la route, le grand-Canyon, une gorge étroite, profonde et sinueuse nous accompagne quelques km. A sec depuis 4 ans, le torrent qui l’a creusé doit être impressionnant…quand il est gonflé.
La ribeira est plus ouverte, plus plate et la végétation clairsemée offre un tout autre paysage. Les fenêtres ouvertes laissent entrer une brise bienfaisante. Boa nous raconte son enfance ici, ses anecdotes…
Soudain, l’aluguer quitte la route principale et s’engage dans un sentier de terre, sinueux et pentu dans tous les sens, on approche. Daniel dépose son colis et son courrier à la vieille dame ravie. Quelques bosses plus loin, bien secoués, la vue dégagée par une dernière épingle, une oasis de verdure et de fleurs de toutes les couleurs débordant sur un petit portique d’entrée en fer forgé. Bienvenue à Quinta Coxete, paradis local et dernière résidence. Le proprio nous accueille avec un petit accent suisse, nous précède sur le chemin de sa demeure garnie d’arbustes et de fleurs plus colorées que la chemise de Boa. La maison moderne est tout aussi habillée de vert que le jardin, intégrée magnifiquement dans le paysage et l’oasis. La place d’entrée est bordée de petites terrasses en paillotte, un escalier central part de cette place pour desservir la galerie ouverte des 2 bâtiments pour les 5 chambres de l’étage.
Tout autant de plaisir à la découverte de notre grande chambre, simple et moderne, le béton est roi. La grande baie vitrée donne sur la terrasse ombragée que les fleurs envahissent. La salle de bains 5 étoiles garnie de tout le nécessaire et d’une grande douche à l’italienne, carrelage et béton dans une belle harmonie. De l’eau et de la pression comme chez nous, c’est rare par ici. Le proprio doit être un ancien ingénieur suisse. Tout est « Nickel ».

Retour sur la terrasse agréable, vue globale sur la végétation de l’oasis, tout au fond les arbres bien verts laissent apparaître une magnifique surprise…

25 m de long sur 4 m de large, pataugeoire du côté de la terrasse bain de soleil, une eau clair et limpide comme les yeux de Fatou, douce et justement fraiche pour aimer le soleil, avant et après.
Décor féérique sur 180° de montagne et vallée, oasis pour le reste, le plaisir de la nage sur une bonne longueur, transats à l’ombre ou au soleil suivant le moment. Instant magique dans le calme du coteau.
Pourquoi bouger dans un cadre pareil, visite du jardin en détail et des cultures environnantes, garde-manger de la propriété. Boa a ses occupations et prépare la rando de demain. Beaucoup de jeunes locaux circulent dans la propriété, certains dans les cultures, d’autres dans les plantes ou à l’entretien et les derniers dans les cuisines. L’oasis est aussi une œuvre sociale et formatrice pour ces jeunes, c’est aussi l’objectif de Dominique et Eric, pensionnés et amoureux de l’endroit, des jeunes.
En cette fin d’aprèm, la chaleur, étouffante pour une fois, nous entraine vers le lagon du domaine, surprise improbable dans cette vallée au bout du monde. Pas de marche aujourd’hui, des longueurs et du soleil, des longueurs et quelques pages, des longueurs et un jus frais sous les paillottes tranquilles. Et encore un peu de soleil avant de se préparer pour la soirée demi-pension, ce soir ce sera table d’hôte.

Pantalon et chemise blanche, classe et relax, Boa  arrive pour l’apéro avec les autres résidents et les proprios. Silence, un ange passe sous le charme du jeune crooner. Sous la paillotte de la terrasse, Mohito et Caipi ont la cote, 2 couples de Français plus âgés et marcheurs, un couple de Belges mais de l’autre côté du mur, coté Bart. Les serveuses, toujours aussi jeunes et souriantes sont aux petits soins. La nuit tombante nous invite à l’intérieur. 

Contemporain, le salon et la salle à manger ressortent bien sur l’omniprésence du béton brut, quelques touches de couleurs et des bouquets de fleurs dans les décorations. La table interminable en béton poli nous attend, magnifiquement dressée et colorée.
Le menu unique est à l’image du domaine, fin, recherché, délicat. Composé par les ingrédients du jardin, la saveur et le naturel coloré parcourent l’entrée, le plat et dessert en parfaite symbiose. Unique. Une raison de plus pour découvrir…
Le service 5* de Eric & Girls, découverte des vins de Fogo, aussi. BRAVO. Merci BoaSo.
Rencontres et découvertes sont le mot d’ordre dans ce petit et nos grands Palais.
La maison réalise, évidemment, son propre grogue, il sera vieux pour Boa et moi, la terrasse ici aussi est confortable, étoilée, nos pensées s’envolent en fumée. Nuit de rêve.
Le jour 13 débute pareil à la soirée passée, déjeuner sur la terrasse dessinée dans l’oasis de verdure et de fleurs, lumineuse, à l’abri du soleil par sa paillotte légère. Ricardo et Yasmina, aussi élégant que la veille, nous apporte le plateau local, copieux, délicieux, généreux. Dominique, la maitresse de maison prend le café avec nous, elle nous explique en détail son projet, belle rencontre. Boa, tout sourire, nous rejoint aussi, Daniel arrive également joyeux, un café avec nous et un peu de notre fumée collective avec les histoires de la vallée… Daniel et son colectivo nous dépose à l’entrée de la balade spéciale Boa, lui seul connait ces petits chemins et détours au coeur de sa Ribeira.
Nouveauté, pas de chemin, pas de pavés, un pied de chaque côté du canal d’irrigation, en plein milieu de la nature avec une pente très douce vers la plus belle découverte. De chaque côté de la Ribeira, ces canaux à flanc de colline, serpentent en fonction du relief pour garder une pente douce et régulière vers les terrasses assoiffées. Merveilleux ouvrages d’arts, murailles de Chine Capverdiennes, créées et entretenues par le génie et le travail local, c’est le sang de la région qui coule dans ses veines.
L’eau file lentement entre nos jambes, nos bras écartent les cannes à sucre et toute la végétation basse que nous traversons, arrêts fréquents sur les vues sublimes de la région, en bas, en haut mais que deux yeux, dommage. « Bom dia » aux silhouettes penchées qui préparent la terre pour la prochaine culture, tout à la main et tout sourire sous le chapeau vissé sur la tête, beaucoup de labeur pour un maigre butin familial, juste suffisant pour une vie paisible et sereine.
Arrêt, Boa raconte et transpire toute la vie locale, beauté vécue et reconnaissante.
D’un coup, une clairière, plus de cultures côté vallée, 180° de plaisirs visuels, devant nous un petit toit de chaume regarde nos chaussures. Un peu fatigué par la jungle, assis sur le bord du canal, les yeux dans le vide, les jambes aussi, à l’ombre sous ce magnifique papayer, une main dans l’eau fraiche et l’autre à la bouche pour une bonne bouffée…, une envie irrésistible de visiter cette petite maison traditionnelle. La dame, 20 m plus bas, assise sur une souche arrose ses bananiers le tuyau à la main. Demande à Boa pour cette visite improbable. Sans un mot, d’une démarche souple et montagnarde, il descend le talus raide pour embrasser la dame, qu’il connaît évidemment. Louisa, sa cousine nous invite d’un signe de la main et d’un sourire étincelant. Cinq minutes plus tard, le talus descendu avec peine et l’aide de Boa, la terrasse ensoleillée de la bâtisse nous reçoit, Louisa aussi. La quarantaine et une beauté naturelle, les yeux d’un beige brillant renforce l’éclat de son sourire, encore une
La maison, le dos callé dans la montagne, ses flancs blottis dans les talus, nous laisse admirer son vrai visage, son authenticité, son charme insoupçonné par notre première vision. Simple, fraiche et chaleureuse, très traditionnelle elle invite au farniente sous la voix délicieuse et chantante de notre miss. Deux ou trois nuits seuls dans ce délicieux endroit ne seraient pas pour nous déplaire…
Au revoir à notre hôtesse pour cet instant magique, Bom dia et obrigado Louisa.
Au revoir au canal également, petit changement de programme pour éviter de remonter le talus, il s’enfouit plus loin remplir d’autres réservoirs, bénir d’autres cultures… Boa, prévenant, trouve un chemin agricole, plus facile et confortable pour sa prochaine étape.
Trente minutes plus tard, au bout d’un petit chemin en cul de sac, une autre maison, une autre cheminée crache sa fumée. La Groguerie de sa tante, le meilleur de la région, c’est le temps de midi et de sa Cachupa. Pendant ses retrouvailles, nous profitons pleinement de l’endroit et de l’agitation locale autour du four. Les gouttes précieuses remplissent les bouteilles au rythme de la musique locale. La danse des acteurs célèbre la victoire de la distillation.
Un peu plus de fumée autour de leur fourneau, un échange, un cigare et Boa qui traduit.
Le chemin continue pour aboutir enfin dans l’auberge locale, la seule aux alentours, colorée et bordée par des arbres centenaires qui entourent, protecteurs, les nombreux pèlerins. La salle intérieure déborde de vie sous le bruit fracassant d’une cuisine active, la terrasse ombragée ne donne pas plus de chance, appétit en souffrance, il va falloir attendre.
Seule à l’arrière, cachée par la bâtisse, détectée par mon flaire, cela fera l’affaire. La terrasse à l’abri tournée vers la vallée nous offre un bon répit, deux arbres bien plantés, un morceau de tissu tissé entre les troncs, repos bien mérité et jambes soulagées. Il ne manque plus qu’une chose, Boa a deviné, escalier dévalé, 3 bouteilles à la main, départ du festin, le verre sonne en hommage à la santé, la mousse arrose nos palais desséchés, patience des Belges enfin récompensés.
Surprise, un grand bronzé du coin dévale l’escalier, un sourire connu, une mine enjouée, celui qu’on croyait perdu pour plusieurs années, Jair, les bras tendus vers ma tendre moitié, la serre dans ses bras pour une éternité, idem à mon tour, mais beaucoup moins serré, retrouvailles improbables qu’il nous faut arroser, le hasard fait des farces qui souvent font plaisir. Son travail l’a conduit ici pour ravitailler ses nouveaux clients, belles rencontres.
Le fils et le maître, réunis dans le même tableau, solaire sur le front, bronzé par un pinceau, les yeux clairs rigolent aux sourires en écho, c’est le bonheur à boire et le vent, d’un coup, chaud. En attente d’une table, le plaisir des rencontres est toujours profitable.
La grillade est parfaite et le poisson bien chaud, les légumes en pagaille illuminent l’assiette, l’ambiance est très joviale autour du festin et Boa, le meneur de ce dernier moment.
La promenade se termine, Boa doit nous quitter, il profite de Jair pour rentrer voir Sophie trop longtemps délaissée, petite pause familiale avant de nouveaux sauts. Cette fois c’est terminé, plus qu’une nuit avant de s’envoler, une dernière embrassade en merci déguisé, le dos des deux cow-boy les 2 bras bien levés, le 4×4 démarre en trombe sur le chemin, la poussière les suit jusqu’à la route en bas et un bras qui s’agite de chaque côté…
Trente minutes d’attente pour Daniel sur la route, petite pause en terrasse bercé par le hamac, souvenirs partagés dans toutes nos pensées, le café est trop chaud, il faut bien patienter.
Cinq cents mètres en descente pour retrouver Daniel, retour vers l’oasis et l’eau de sa lagune, à l’arrière ma fée prend l’air à la fenêtre, faire doucir le rouge de ses couleurs du jour, ses yeux sous les solaires, un merveilleux regard, on s’est déjà compris…
Daniel nous dépose, il réclame son cigare et à demain matin. Le domaine est très calme, l’eau du repos aussi, la chambre puis l’oasis avant les coups de palmes, les jambes et tout le corps se répandent en merci, profiter du moment.
Profiter aussi de la dernière soirée, de la table géniale, de ses divines idées, du décor et du cadre qui invite à planer, du sourire du service et de l’eau du calice. Cruel manque ce soir, le crooner est parti et l’ambiance est au lit. Le grogue a pris gout à notre belle terrasse, les fleurs crachent leur dernière senteur, et nos bouffées dans la voute céleste…
Dernier dej sous la même terrasse, jour 14 a sonné, la grande bleu nous regarde partir, ce n’est qu’un au revoir. On viendra revivre cet endroit enchanteur, ces géniaux concepteurs, ces dealer de bonheur…
L’autre bleu nous attend en bas de la vallée, on le longe un moment sur la route désertique, Daniel est au volant, sourire dans le rétro, mon cigare à la bouche, il chante son pays sur la route du port. Porto Novo, dépôt devant l’entrée et ses bras trop petits pour un dernier merci, je lui laisse ma boite, la dernière du voyage, il me faudra attendre l’endroit de mon départ. Le tam–tam de Coco nous a déjà prévenu, de la pluie à Bruxelles et 20° de moins, pas vraiment trop pressé de revoir le coin.
Le bac est déjà là, il avale la foule, traversée secouée sous le feu de la houle, de bâbord à tribord et les gobelets qui roulent. Mindelo nous attend et le chauffeur aussi, direction vers la piste de notre dernier vol, Césaria, toujours là, dans sa robe vermeille nous raconte Sodade, sa musique essentielle, le hall et les contrôles des sourires en costume. Le monstre est déjà là, prêt à nous engloutir, au pied de l’escalier, la dernière montée, le pied est malhabile, il ne veut pas quitter la terre du bonheur, de générosité. L’oiseau est bien brillant et sa bouche effrontée nous attend dans le noir, dernière marche, dernier regard en quête du ruban bleu ou de menue montagne, rien, il faut rentrer au nid sous un dernier rayon.
La bouche bien ouverte, l’entrée est éclairée, le sourire de l’hôtesse, un chignon bien crépu, tailleur coloré, très ajusté et lèvres bien charnues, l’or bien lavé de la couleur locale habille son regard d’une lueur familière, dernière Miss pour s’envoyer en l’air, comme si le Cap voulait nous tenir jusqu’au bout.
Le bruit des moteurs couvrent déjà les premiers ronfleurs, les arbres défilent dans le petit hublot, le monstre se cabre dans un premier sursaut, la terre nous abandonne sous le regard de Mindelo, ses couleurs vives se diluent dans l’eau comme un trait de peinture s’échappant d’un pinceau. Notre aile s’enfonce vers l’océan, le trait blanc de l’écume mange la côte dentelée comme si le bleu féroce voulait reprendre sa place, la lave lui résiste et l’éclate en gouttelettes qui dessinent l’avenir de ces iles authentiques. Plus de limite entre le ciel et l’océan, l’aquarelle est azure tout le long du voyage, nos pensées d’envolent dans son sillage.
Les images défilent sur le petit écran, l’écouteur siffle les douces mélodies, la page est blanche, un morceau de papier, des idées en pagaille jaillissent de la plume comme un torrent d’écumes soufflée par un volcan. D’abord remercier à l’encre d’or tous les acteurs du fabuleux décor :
« OUFTi, comme on dit à Liège en Belgique, 15 jours de déconnexion totale dans un décor féérique…aventures et rencontres magiques dans une autre dimension. La Dimension NSCV, dès que tu poses un pied sur cette terre, tu t’enfonces dans une bienveillante douceur, chaleur, tranquillité. Bienvenue, « No Stress Cabo Verde. »
BoaSo, c’est le duo magique de votre séjour, le partage de leur Amour…des îles, leur passion.
Sophie est votre ange-gardien avant, pendant et après votre aventure, elle voit tout, entend tout et précède vos envies. Sa douceur cadre bien dans le paysage et sa voix vous transporte dans la musique locale. C’est l’organisatrice par excellence, votre ancrage indispensable. Prenez le temps d’une journée de repos, d’un repas simple et tranquille, d’une balade avec elle pour la découvrir, partager, c’est le petit bijou de l’ile….
Boa, c’est le sourire et la bonne humeur des iles, un guide SUPER et compétent. Tous les locaux, les sentiers, les pavés et même les bananiers que j’ai rencontrés le connaissent. En fait c’est l’image du Cap Vert et de sa devise NSCV. Votre plus grand défi sera de le faire se taire pendant 5 minutes, mais c’est tellement agréable d’entendre ses aventures, ses anecdotes. Rassurez-vous, le soir sur votre terrasse, vous profiterez bien du calme de la Ribeira et de son ballet d’étoiles.
Merci à Jair, Serge, Juan, Georgé, Mimi et tous les chauffeurs pour leur accueil, leur ponctualité et leur service 5*, Sophie et Boa ont créé une équipe à leur image. Une équipe gagnante à votre service, que du Bonheur !!!
Laissez-vous emporter par ce duo magique et continuer à rêver le restant de votre vie. Une vraie thérapie pour nous les occidentaux et nos valeurs… Nous rentrons rempli de lumière et de chaleur, le cœur débordant de tous ces sourires et de cette joie de vivre. Merci, merci, merci…. »
La tête dans les étoiles, à 10.000 pieds de haut, je remercie le ciel et tous ceux qui là haut déposent sur ma vie ces trop nombreux cadeaux. Hansi, sourire malin, son visage si près, je lui fais un câlin, il me lâche une vanne dont il a le secret et tous les autres autours s’éclatent en comètes, secousses de voie lactée qui reprend son festin. J’avais déjà bien vu, sur mes terrasses nocturnes, les étoiles scintiller se moquant de la lune.
La tête dans les étoiles, ma fée étendue dans le siège, sa joue sur mon épaule, les paupières trop lourdes, le souffle plus léger que la brise là-bas et son cœur qui chuchote :
« Monsieur, un café ? », mes yeux s’ouvrent plus vite que ma tête, j’ai reconnu sa voix, ses yeux éclairent toute la rangée d’une lumière ambrée, le contraste de ses dents avec sa peau cuivrée allume le reste de l’allée, la soie de son foulard brille sur son visage et les reflets voyagent au gré des gestes souvent répétés. « Oui merci », juste pour faire durer. Encore profiter de ces instants fondus de sensualité, hymne à la grâce et à la beauté, images parfaites de Cabo Verde. Le café froid, mauvais, il faudra le jeter…
Mes yeux se referment, le chignon, le tailleur bien serré et la jupe gonflée par les monts et vallées, la silhouette s’évapore dans la fin de l’allée, sur la route pavée.
Un nuage chargé d’histoires passées s’accroche à mes pensées, il dépose des gouttes qu’il me faudra ranger…
Sur ma terrasse confinée, le soleil rythme la danse de mes doigts sur le clavier.

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